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Jean-Marie Leclair

 
Jean-Marie Leclair (dit l'Aîné), l'ange du violon français
(1697-1764)

Ensemble Baroque de Limoges
 
 
Le style élégant et brillant de Jean-Marie Leclair doit certainement beaucoup à ses qualités de danseur et de violoniste, toutes deux également reconnues par ses contemporains. Il est d’ailleurs considéré aujourd’hui comme le fondateur de l’école française de violon. C’est pourtant comme danseur qu’il débute dans la troupe de l’Opéra de Lyon. On ne retrouve sa trace qu’à 25 ans, en 1722 à Turin, où il est maître de ballet et premier danseur du théâtre ; il y travaille sans doute sous la férule de la référence violonistique de la période G.–B. Somis*. Ce dernier l’influence autant que Leclair le fera pour d’autres grands violonistes français tels Guillemain et Guignon, marquant ainsi une italianisation de l’école française de violon ; un accent italien également entraîné par la lutte des musiciens "français" face aux musiciens "italiens".

De retour à Paris l’année suivante, J.-M. Leclair fait paraître sa première œuvre : des Sonates pour violon. S’il effectue de nombreux voyages à Turin, notamment pour honorer ses fonctions de maître de ballet au théâtre, J.-M. Leclair, qui selon J.J. Quantz « passe en France pour un des premiers violonistes » (1726) fait ses débuts en 1728 au Concert Spirituel*. Il y exécute « une sonate qui fut généralement et très vivement applaudie » (Mercure de France, avril 1728). Il y joue par la suite fréquemment, récoltant les satisfecit et donnant en première audition les œuvres qu’il publiera par la suite. J.-M. Leclair est donc un habitué de cette toute jeune institution qu’il contribuera à faire grandir. En 1730, il épouse Louise-Catherine Roussel qui avait gravé ses op. 2, 3 et 4, recueils de sonates pour violon, et gravera dès lors toutes les œuvres de son mari.

Il se fait remarquer aux Tuileries en 1733 par son interprétation d'« un nouveau concerto de sa composition, qui fut généralement goûté et applaudi par une très nombreuse assemblée » (Mercure de France, juin 1733). Ce concerto provenait vraisemblablement de sa nouvelle œuvre, six Concertos a 3 violini, alto e basso, qu’il publiera comme op. 7 vers 1737*. Ces succès lui permettent d’intégrer la musique du roi dès novembre 1733 ; il participe alors à la vie musicale de la Cour et notamment aux concerts de la reine Marie Leczinska.

A partir de 1737, les œuvres de Leclair ne sont plus entendues au Concert Spirituel jouées par lui mais par ses amis (parfois rivaux) ou élèves : Guillaume-Pierre Dupont, Pierre Gaviniès, Joseph Barnabé de Saint-Sevin dit l’Abbé, Mangean, Petit, Marella ou encore Vogin. Parmi les élèves de Leclair, il convient d’ajouter le violoniste et compositeur Antoine Dauvergne qui dirigea le Concert Spirituel de 1762 à 1771, ainsi que Jacques Boulogne de Saint-Georges. Tous constituant l’école française du violon.

Il part pour la Hollande en cette fin des années 1730 et y rencontre Locatelli. Avec ce dernier, Leclair avait marqué l’histoire du violon en 1728, par une joute violonistique commentée à l’époque, à l’instar de ce qui fut fait entre Marais et Forqueray pour la viole de gambe, comme la lutte de l’Ange (Leclair) et du Démon (Locatelli) selon leurs interprétations respectives.

Ensuite, s’il revient à Paris en 1743, il part en 1744 à Chambéry et se met au service du prince Don Philippe d’Espagne. C’est deux ans plus tard que Leclair fait représenter à l’Académie royale de Musique à Paris son unique opéra Scylla et Glaucus. En 1748, il est appelé par le duc de Gramont pour diriger l’orchestre de son théâtre privé en sa propriété de Puteaux.

Les dernières années de ce musicien prolifique et grand voyageur sont plus obscures. On le retrouvera, un matin d’octobre 1764, assassiné devant sa maison. Le mobile du crime, comme le meurtrier, sont restés mystérieux.

 
 


Jean-Marie Leclair. Par Jean-Charles François, Lyon, 1741.