Musette de cour

 

La musette est l'une des formes les plus élaborées de la cornemuse. Mise au point à la fin du XVIe siècle, sa destination fut de se joindre à tous les autres instruments de la formation du concert : violons, violes, flûtes, hautbois, en une époque où tous les instruments subissaient l'évolution qui allait les faire passer du monde populaire au monde savant.

Au milieu du XVIIe siècle, les facteurs français fixés à Paris ou Versailles, tels les Hotteterre et les Philidor, lui donnèrent sa forme définitive.

L'instrument est des plus sophistiqués : soufflet, bourdon cylindrique regroupant cinq, six ou sept pièces différentes, jeu de deux chalumeaux recouverts de clés. Son étendue est de presque deux octaves chromatiques, et le bourdon s'accorde dans au moins deux tonalités.

Au même titre que les flûtes, hautbois et bassons, elle posséda alors un répertoire qui connut son apogée jusqu'au milieu du XVIIIe siècle: scènes d'opéras chez Lully, Marais, Campra, Boismortier et Baudot ; cantates chez Clérambault, Montéclair et divers autres.

Cet abondant corpus musical, en une époque où le baroque français connaît un important regain d'intérêt, se doit d'être joué sur les instruments d'origine tel celui de Jean-Christophe Maillard l’un des rares artisans de ce renouveau.

Texte Jean-Christophe Maillard