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Le baryton de Haydn
***************** Baryton à cordes, Stadlmann (Vienne), 1732
Il s’agit d’un instrument typiquement viennois, ce Stadlmann étant le premier d’une dynastie de trois qui ont construit des instruments du quatuor à cordes mais aussi le baryton. Ils ont travaillé pour le prince Esterhazy qui était un fervent défenseur de cet instrument. Les cordes sympathiques prolongent le son. En effet, si on les étouffe, le son du baryton s’approche de celui d’une viole de gambe « habituelle » et lorsqu’on les libère on peut entendre clairement chaque note se prolonger au-delà de sa propre vibration. Les cordes de laiton ou de métal vibrent par sympathie avec les mêmes fréquences harmoniques. Il en sort un son particulier, une sorte de mariage entre l’Orient et l’Occident. En effet, on trouve encore tous ces types d’instruments à cordes sympathiques dans une tradition en Iran, au Pakistan, en Inde et dans d’autres pays autour de la Chine ; la Hongrie étant en quelque sorte la porte de l’Orient, il est clair que le prince Esterhazy était particulièrement sensible à ce type de son.L’instrument n’avait pas été joué depuis de nombreuses années et pour le jouer en concert, certains réglages ont été nécessaires ; et dans la mesure où il s’agit d’un instrument historique particulièrement précieux, la prudence s’est imposée pour l’intervention. Pour Pierre Jaquier, les points principaux de la première étude ont été : 1. Le chevalet. Apparemment la courbe du chevalet était insuffisante, la courbe aurait dû être plus prononcée pour que le musicien ne touche pas toutes les cordes en jouant. 2. Les chevilles ne tenaient pas, ce qui gènait l’accord par le musicien en cours de concert. 3. Les cordes sympathiques ont toutes été changées. 4. L’instrument n’était pas décollé. (Une trop grande tension sur un instrument décollé peut provoquer des cassures). ***************** Repères Ce qui caractérise le baryton ce sont les cordes sympathiques qui ont une fonction d’enrichissement harmonique de l’instrument. Sur un instrument comme sur la viole d’amour ces cordes sympathiques ne sont pas jouées. Sur le baryton si, et c’est ce qui le distingue de la plupart des autres instruments d’amour. Le baryton le plus ancien qui nous soit conservé date de 1640, et c’est déjà tardif par rapport à la littérature où le baryton est attesté dès 1614 dans des tablatures qui sont conservées à Saint-Pétersbourg. L’emploi du baryton est donc attesté dès le début du XVIIe siècle, il a un peu disparu au milieu du XVIIIe siècle et il faut attendre Haydn et les musiciens au service du Prince Esterhazy pour qu’on rejoue cet instrument. Il n’aura plus du tout la même littérature à cette époque, c’est-à-dire une littérature de luth, mais au contraire une littérature de musique de chambre. Les pièces de Haydn sont le plus souvent des trios baryton, alto, violoncelle, le baryton jouant en quelque sorte la partie du violon. Ceci n’est pas surprenant si l’on se souvient qu’à cause des cordes sympathiques l’instrument sonne une octave plus haut que sa tessiture réelle. Lorsque le Prince Esterhazy a cessé de s’intéresser à cet instrument, les virtuoses qui étaient en poste à la cour princière ont continué de jouer en concert un peu à l’extérieur et leur arrêt marque en fait la fin du baryton. Au tout début du XIXe siècle, son histoire semble se terminer et il faut attendre le renouveau de la musique baroque dans les années 1980 pour redécouvrir cet instrument en concert. © Ensemble Baroque de Limoges |
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