Baryton à cordes


De la famille des gambes, le baryton à cordes (ou Viola di Bordone, bordone faisant référence au bourdon) est un instrument imaginé dans la deuxième moitié du XVIIème siècle. Il comporte des cordes sympathiques ce qui permet différents types de jeu : le jeu « frotté » avec l’archet, et le jeu « luthé » avec le pouce de la main gauche de l’interprète.

Le jeu « frotté » consiste à faire vibrer les cordes mélodiques en boyau avec l’archet, action qui fait également résonner les cordes sympathiques en métal, situées derrière la touche, par sympathie, et donne ainsi un son plus riche.

Le jeu « luthé » s’emploie, quant à lui, pour jouer la basse. Il est tellement difficile d’allier les deux en même temps que ces techniques sont presque toujours utilisées chez Haydn alternativement. Le jeu « luthé », utilisé en même temps que le jeu frotté, n’est d’ailleurs réellement possible que sur les notes basses de la mélodie principale.

Même si le prince ne pouvait pas toujours exploiter toutes les possibilités de cet instrument, notamment l’utilisation des cordes sympathiques en accompagnement « gratté » de la mélodie jouée par les cordes « frottées », Nicolas le Magnifique avait à son service deux virtuoses de premier ordre capables d’utiliser les potentialités du baryton : Carl Franz et Andreas Lidl.

Le baryton dont se servait le plus souvent Nicolas, construit à Vienne en 1750 par Johann Joseph Stadlmann, se trouve actuellement au Musée national de Budapest. Celui de Haydn l’est, lui, au Gesellschaft der Musikfreunde de Vienne, Christophe Coin l’a joué, très exceptionnellement, en concert en mars 1993. Ses sept cordes en boyau sont accordées comme celles de la viole de gambe (ré, sol, do, mi, la, ré) et ses dix cordes métalliques correspondent à la gamme de ré majeur, avec en outre un la grave et un mi aigu (dans ses œuvres avec notes sympathiques, Haydn n’utilisa jamais cette dernière note, se limitant ainsi à neuf).

Chez Haydn, les parties de baryton sont notées en clé de sol sur une seule portée, c’est-à-dire une octave au-dessus de la note réelle, les notes sympathiques se distinguant des autres par l’adjonction du chiffre de la corde correspondante.

© Ensemble Baroque de Limoges