Christophe Coin : Discographie :

Quatuor Mosaïques


ffff de Télérama pour

L. van Beethoven,
Quatuors à cordes Op. 18, Nos 1 & 4
Quatuor Mosaïques


« Musique, art des horizons et de l'expansion, non des enclos », affirme un poète à l'oreille divinatrice, Henri Michaux. Dès ses premiers quatuors à cordes, opus 18, composés à l'orée de ses 30 ans, Beethoven déserte son pré carré de disciple appliqué, et s'élance vers de nouveaux infinis. « Allez à Vienne recevoir des mains de Haydn l'esprit de Mozart », lui avait prescrit un de ses mentors de Bonn. A Vienne, Ludwig van n'aspire qu'à être le fils de la Révolution française et du romantisme, en rébellion contre les convenances, l'étiquette périmée des musiques de cour. Le Grand Moghol, comme le surnomme Haydn, un rien agacé par l'impulsivité piaffante de son élève, s'abandonne à ses orages intérieurs, à ses rêves prométhéens de conquistador musical. Sans atteindre au grand chambardement formel des derniers opus, l'insurrection contre la solitude et la surdité ébranle ces quatuors de jeunesse. En particulier, le quatrième en ut mineur - tonalité fétiche, emblème des empoignades farouches et des tensions douloureuses. La mélodie inépuisable du premier allégro, surprotéinée, chante le désespoir rageur comme la tendresse, l'énergie conquérante comme l'introspection élégiaque. Quant au Quatuor Mosaïques, le bien-nommé, il polit chaque tesselle sonore d'un éclat chaud et velouté.

Gilles Macassar
1 CD Naïve - E 8899
Télérama n° 2893 - 22 juin 2005


L'Ensemble Baroque de Limoges :
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